La santé mentale au coeur de notre mission, selon une conférencière
La santé mentale des cégépiennes et des cégépiens se détériore depuis quelques années, et cet enjeu demeure un problème majeur, même plusieurs années après la pandémie. Lors de la dernière journée pédagogique à Dawson, la conférencière principale, Tracy Vaillancourt, a énuméré plusieurs facteurs qui contribuent au phénomène, tels que les médias sociaux, l'appauvrissement des relations et un décalage entre les exigences et le stade de développement des jeunes. Elle a également recommandé des mesures concrètes que le personnel enseignant peut prendre pour compenser ces facteurs.
Le 14 janvier dernier, devant une salle remplie de membres du corps enseignant et du personnel de Dawson, Mme Vaillancourt a expliqué que les étudiantes et étudiants sont soumis à une pression intense dans une période où leur cortex préfrontal n'est pas encore complètement formé. Cette partie du cerveau est responsable des fonctions exécutives telles que la planification, le contrôle des impulsions, l'évaluation des conséquences et la régulation des émotions. C'est également à leur âge que les problèmes de santé mentale sont au plus fort.
Selon la Chaire de recherche du Canada en santé mentale et en prévention de la violence chez les jeunes de l'Université d'Ottawa, les personnes qui étudient au cégep de nos jours sont confrontées à des niveaux de stress et d'anxiété plus élevés que toutes les générations précédentes. À cela s'ajoutent la comparaison et l'influence alimentées par une utilisation intensive des médias sociaux.
Avant la pandémie, un jeune sur cinq était confronté à de graves problèmes de santé mentale. Aujourd'hui, le Canada se classe au 31e rang sur 38 pays économiquement avancés pour le bien-être mental des jeunes. Les taux de dépression et d'anxiété ont bondi à 30% pendant la pandémie et ils demeurent élevés.
Les problèmes de santé mentale ont également des effets à long terme : les jeunes présentant des symptômes d'anxiété élevés au secondaire sont 20 fois plus susceptibles de développer une dépression à l'âge adulte. Parallèlement, l'accès aux services est limité.
Mme Vaillancourt a souligné que les enseignantes et enseignants jouent un rôle de prévention direct. «Comme je le dis toujours, même si les profs pensent que leur domaine est l'éducation, la santé mentale est aussi au coeur de leur mission, car la prévalence est très élevée.» Elle a encouragé les membres du corps enseignant à agir comme des «cortex préfrontaux de substitution», en aidant les étudiantes et étudiants à recadrer leur pensée et à renforcer leur résilience en misant sur les habitudes, la transparence et des attentes constantes.
Plusieurs moyens peuvent être des facteurs de protection contre l'anxiété et la détresse, notamment atténuer les comportements d'évitement, maintenir des attentes élevées tout en offrant un soutien solide, faire sentir aux jeunes qu'ils sont importants et favoriser les relations en personne.
«Quand un jeune entretient un lien fort avec un adulte compétent, sa résilience augmente, a rappelé Mme Vaillancourt. Vous êtes peut-être la personne la mieux placée pour les aider exactement au moment où ils en ont besoin. »
Pour en savoir plus sur la recherche, les stratégies et les outils concrets présentés lors de la conférence, le personnel de Dawson peut consulter les ressources de la journée pédagogique ici en cliquant sur le lien suivant: https://collegedawson.sharepoint.com/sites/PedDays/SitePages/Ped-Day-W2026.aspx
Photo: Vanessa Lyness
