Au nom de la promotion 2026 : Julien-Alexandre Pinard monte sur scène
Au Dawson College, le titre de major de promotion ne se limite pas à l'excellence académique. Il récompense les étudiants qui ont eu un impact significatif sur leur communauté tout en faisant preuve de leadership, de détermination et d'une forte volonté.
Alors que la promotion 2026 s'apprête à obtenir son diplôme, deux majors de promotion ont été choisis pour représenter leurs camarades lors des cérémonies du 23 juin.
Julien-Alexandre Pinard s'adressera aux diplômés lors de la cérémonie de l'après-midi. Étudiant dans la Éducation, famille et enfance » de la filière Sciences humaines, il s'est distingué non seulement par son travail universitaire, mais aussi par son engagement à faire bouger les choses dans le domaine de l'éducation.
Tout au long de son parcours à Dawson, Julien a trouvé sa voie et s'est découvert une passion pour l'enseignement. Il a travaillé en étroite collaboration avec le corps enseignant et ses camarades afin de mettre en avant l'importance de la diversité dans l'éducation, en encourageant notamment une plus grande présence masculine dans ce domaine.
Son parcours est empreint de persévérance et de confiance en soi, forgé par des épreuves qui ont finalement renforcé son assurance et ses ambitions.
Le service de communication a interviewé Julien, et voici l'entretien :
En quoi avez-vous évolué depuis que vous êtes à Dawson, en tant qu'étudiant et en tant que personne ?
Julien-Alexandre Pinard (JP): À mon arrivée au Collège Dawson, je n’avais aucune confiance en mes capacités scolaires. J’espérais simplement réussir. Lors des examens, je m’efforçais d’obtenir 60 %. Toute ma vie, le système m’avait fait croire que l’école n’était pas faite pour moi. Deux ans plus tard, j’ai terminé mes études au Cégep en figurant chaque semestre sur la liste d’honneur, avec une moyenne de 90 %. Ma plus grande évolution n’a pas été d’ordre scolaire. J’ai surtout appris que je pouvais demander de l’aide, me rendre aux heures de permanence et avoir confiance dans le fait que les personnes qui m’enseignaient souhaitaient réellement que je réussisse. Une fois que j’ai compris cela, tout le reste a suivi.
Quelle matière ou quel cours vous a posé le plus de difficultés, et comment avez-vous surmonté ces difficultés ?
JP : Les cours d’anglais ont été ceux qui m’ont posé le plus de difficultés à Dawson. Heureusement, j’ai eu des professeurs d’anglais formidables, comme Andrea-Lynn Strudensky, qui m’a permis de passer à la vitesse supérieure en matière de rédaction. J’avais terminé le cours d’anglais 101 sans vraiment savoir comment rédiger une dissertation convaincante, et son enseignement a changé la donne. Dans le cours d’anglais 103 d’Alyson Grant, j’ai été remise à ma place dès le début avec un quiz noté à 30 %, mais j’ai réussi à rebondir et à terminer le cours avec une note de 90 %. Lorsque j’ai suivi le séminaire intégratif de Michael Duckett sur le thème des peuples autochtones du Canada, j’étais déjà bien plus à l’aise ; j’ai perfectionné mes dissertations sous sa direction tout en approfondissant mes connaissances sur les communautés autochtones. J’ai surmonté ces difficultés en me rendant aux heures de permanence lorsque j’avais besoin d’aide, en n’hésitant pas à demander des retours et en ayant confiance dans le fait que la répétition m’aiderait à m’améliorer. À mon arrivée à Dawson, l’anglais était l’une des matières qui me faisait le plus peur, et aujourd’hui, je quitte Dawson en en faisant la matière dont je suis la plus fière.
Qui était votre professeur ou mentor préféré, et en quoi a-t-il influencé votre parcours universitaire ?
JP : Cynthia De Luca a été l’une des enseignantes les plus influentes que j’ai eues à Dawson. Elle a non seulement été la première à m’exiger davantage, mais elle m’a aussi aidée sur le plan personnel, en me faisant prendre conscience que mon passé était en réalité mon plus grand atout. Mais Cynthia n’est qu’une des nombreuses enseignantes qui m’ont façonnée. Ma coordinatrice de profil, Nancy Rebelo, m’a donné l’occasion de m’impliquer personnellement à Dawson et m’a permis de participer à quelque chose qui me dépassait. Marie-Pierre Gosselin m’a fait découvrir quelque chose que je n’aurais jamais pensé trouver : l’amour de l’enseignement supérieur. Kasia Wolfson, Timothy Slonosky et Anastasia Arvanitidis m’ont apporté un soutien formidable lors d’innombrables heures de permanence, ce qui m’a permis de renforcer ma confiance en moi sur le plan académique.
Quels sont les moments forts de votre parcours à Dawson ? En d'autres termes, à quelles activités, associations, sports ou projets avez-vous participé ici, et qu'avez-vous appris ou apprécié grâce à votre implication ?
JP : L’une des choses dont je suis le plus fier depuis que je suis au Collège Dawson, c’est l’impact direct que j’ai eu sur mon programme au niveau institutionnel. Avec Nancy Rebelo, la coordinatrice du profil EFC, nous avons réussi à augmenter la représentation masculine dans ce profil. À mes débuts au cégep, seuls environ 5 % des étudiants de ce profil étaient des hommes, alors que beaucoup d’entre nous se destinent à l’enseignement ou à des métiers en lien avec les enfants. Je me suis engagé à participer à plusieurs événements pour contribuer à normaliser la présence des hommes dans le secteur de l’éducation. À la fin de mes études, le taux d’inscription des hommes dans ce profil était passé à 17 %. Contribuer à rendre cela plus visible au Collège Dawson a été l’une des choses les plus significatives que j’ai accomplies ici, car mon impact perdurera bien au-delà de mon passage dans cet établissement.
Qu'est-ce qui vous a inspiré pour votre discours et pourquoi avez-vous décidé de postuler ? Ou peut-être y a-t-il une anecdote particulière que vous aimeriez partager ?
JP : J’ai décidé de me porter candidate au titre de major de promotion parce que je pense être la preuve vivante qu’on peut toujours surmonter ses doutes. Pendant la majeure partie de ma vie, on m’a dit que je ne parviendrais jamais à terminer mes études au cégep. Avoir échoué année après année et pourtant avoir terminé en tant que major de promotion prouve que n’importe qui peut atteindre les objectifs qu’il s’est fixés. J’espère que ceux qui liront ces lignes et qui doutent d’eux-mêmes trouveront le courage de viser encore plus haut.
Quels conseils donneriez-vous aux nouveaux étudiants de Dawson ?
JP : Collaborez avec vos professeurs. Personne ne se réveille le matin avec l’intention de vous faire échouer ; au contraire, ils souhaitent plus que tout que vous réussissiez. Rendez-vous à leurs permanences, posez des questions, demandez des retours, sollicitez de l’aide. Les étudiants qui réussissent à Dawson ne sont pas toujours ceux qui étaient les plus brillants à leur arrivée. Ce sont ceux qui ont su tirer parti des ressources mises à leur disposition et qui ont fait preuve de suffisamment d’initiative pour les utiliser. Une fois que vous commencez à les exploiter, tout le reste devient plus facile.
Quels sont vos projets après l'obtention de votre diplôme, et en quoi votre parcours à Dawson a-t-il influencé ces objectifs ?
JP : Cet automne, je vais poursuivre mes études en sciences de l’éducation à l’université McGill. Je souhaite ardemment travailler au sein du système éducatif afin de mieux soutenir les élèves à qui l’on dit ce qu’on m’a dit quand j’étais enfant. Mais enseigner ne suffit pas : je veux militer en faveur d’un changement systémique de notre système éducatif, qui est conçu pour un seul et même apprenant, plutôt que d’être adapté à chacun. Mon passage à Dawson m’a appris que les élèves que le système laisse pour compte méritent des enseignants qui refusent de se laisser influencer par cette étiquette, ainsi qu’un système prêt à apprendre d’eux.
