Apprendre à collaborer avant que ça compte vraiment
Lorsqu’une personne arrive dans le système de santé, elle peut être amenée à consulter des infirmières et infirmiers, des technologues en physiothérapie, des travailleuses et travailleurs sociaux, des technologues en imagerie médicale, des spécialistes de laboratoire et bien d’autres professionnelles et professionnels. Lors du symposium sur la formation interprofessionnelle de Dawson, le 16 octobre, des étudiant·es de sept programmes en santé et en services sociaux ont pu découvrir concrètement à quoi ressemble une collaboration efficace avant de faire leur entrée sur le marché du travail.
Des étudiant·es de troisième année en Soins infirmiers, Techniques de physiothérapie, Techniques de travail social, Technologie d’analyses biomédicales, Technologie de radiodiagnostic, Technologie de l’échographie médicale et Technologie de radio-oncologie ont participé à cette activité annuelle. Celle-ci vise à développer les compétences en communication, en pensée critique, en résolution de problèmes, en travail d’équipe et en leadership nécessaires pour offrir des soins centrés sur la personne.
Cette année, le symposium sur la formation interprofessionnelle proposait une mise en situation professionnelle en deux parties, interprétée par des diplômé·es du programme d’interprétation théâtrale de Dawson. La première partie portait sur les conflits en milieu de travail et les dynamiques d’équipe dysfonctionnelles, tandis que la deuxième abordait la communication au sein des équipes et la résolution des conflits. Les étudiant·es ont également visionné une vidéo présentant le parcours fictif d’un patient nommé Jean-Louis dans le système de santé et ont par la suite formé des groupes interdisciplinaires pour discuter des défis, des différents points de vue et des solutions possibles.
Un constat revenait dans presque toutes les discussions : aucune profession ne peut tout couvrir à elle seule.
Selon Emily, étudiante en soins infirmiers, cette expérience a confirmé que même si les différentes professions ciblent des compétences différentes, « nous avons tous un objectif commun, soit le bien-être et l'intérêt de nos patient·es ».
Pour Estella-Rose, étudiante en Techniques de travail social, l’une des leçons les plus importantes est de reconnaître que les différentes professions analysent souvent les situations sous un angle différent.
« Selon notre profession, on voit le monde différemment, explique-t-elle. Donc, une personne peut remarquer des problèmes qu’une autre ne voit pas. »
De nombreuses personnes présentes ont souligné l’importance de la communication. Heidi, étudiante en Soins infirmiers, l’a qualifiée de « la chose la plus importante lorsqu’on prend soin des patient·es et qu’on travaille ensemble ».
Ernesto, étudiant en Techniques de travail social, fait remarquer que le manque de communication entre les professionnelles et professionnels peut entraîner la perte d’informations essentielles.
« Si les personnes de domaines différents ne communiquent pas entre eux, on risque de passer à côté de certaines choses et de laisser échapper des renseignements importants », dit-il.
Les discussions ont également permis aux jeunes de mieux comprendre leur futur rôle dans un cadre professionnel.
Emily a indiqué que les échanges avec des personnes inscrites à d’autres programmes lui avaient fait prendre conscience de la réalité des soins de santé aujourd’hui.
« Dans la vraie vie, nous avons besoin que ces équipes multidisciplinaires travaillent ensemble, explique-t-elle. Aucune profession n’est supérieure aux autres ni plus importante, parce qu’au bout du compte, nous avons besoin les uns des autres pour offrir les meilleurs soins possible à nos patient·es. »
Pour Eboutou Louise, étudiante en Techniques de travail social, les discussions ont illustré le fait que les soins de santé ne se limitent pas à un diagnostic.
« Il n’y a pas que l’aspect médical, dit-elle. Il faut tenir compte de l’environnement, de la personne et de tout ce qui l’entoure. »
La défense des intérêts des patient·es s’est également imposée comme un thème important. En repensant au cas présenté, Estella-Rose souligne qu’il est essentiel de placer les besoins de la personne au centre des interventions.
« Toujours penser à la personne et à ce qui serait le mieux pour elle peut lui être très bénéfique », affirme-t-elle.
Luana, elle aussi étudiante en Techniques de travail social, a été particulièrement marquée par le rôle que chaque personne peut jouer pour défendre les intérêts des patient·es.
« Nous avons insisté sur l’importance de défendre les intérêts des patient·es, peu importe notre discipline, puisque nous pourrions être leur voix quand elles ou ils ne sont pas en mesure de défendre leurs propres intérêts », explique-t-elle.
Les jeunes ont également pris davantage conscience de la contribution de leurs futurs collègues. Morena, étudiante en Soins infirmiers, a souligné que cette expérience lui avait rappelé que les soins aux patient·es reposent sur un effort collectif.
« Travailler ensemble nous permet de voir les patient·es dans leur ensemble plutôt que de nous concentrer uniquement sur son diagnostic », explique-t-elle.
En réfléchissant à leur future carrière, de nombreuses personnes ont affirmé que les apprentissages tirés de cette expérience les accompagneraient bien après l’obtention de leur diplôme.
Merna, étudiante en Techniques de physiothérapie, a expliqué avoir appris l’importance de garder l’esprit ouvert et d'écouter les patient·es.
« En tant que future technologue en physiothérapie, je veux m’assurer que mes patient·es se sentent écouté·es, que leurs préoccupations sont prises au sérieux et que je suis capable de collaborer avec d’autres professionnelles et professionnels de la santé pour trouver les meilleures façons de les soutenir », dit-elle.
Merna espère être « accessible, ouverte d’esprit et disposée à apprendre des autres », tandis qu’Emily a insisté sur « l’importance d’une communication claire et du respect envers chaque membre de l’équipe de soins ».
Pour Ernesto, une leçon se démarquait particulièrement. « Établir de bonnes relations avec les personnes avec qui nous pourrions travailler pourrait faciliter notre travail à l’avenir », affirme-t-il.
En réunissant de futures professionnelles et de futurs professionnels de la santé et des services sociaux pour leur permettre d’apprendre les uns des autres, le symposium sur la formation interprofessionnelle a donné aux étudiant·es un aperçu des milieux de travail collaboratifs qui seront bientôt les leurs. Plus important encore, il leur a rappelé un principe fondamental des soins centrés sur la personne : les meilleurs résultats sont obtenus lorsqu'on travaille ensemble.
Photo : Des étudiant·es de troisième année des programmes de santé et de services sociaux de Dawson assistent à une mise en situation interactive lors du symposium sur la formation interprofessionnelle et en discutent ensuite pour mieux comprendre le travail au sein d’équipes multidisciplinaires.
Le symposium sur la formation interprofessionnelle bénéficie d’un financement partiel du programme SAGE de la Fondation Dawson. Pour en savoir plus sur le programme SAGE.
