Une cabane à sucre urbaine voit le jour à Dawson
En me promenant sur le mont Royal, à traîner mes pieds comme tout étudiant·e diplômé·e, je me demandais souvent pourquoi Montréal n’avait pas de cabane à sucre urbaine. La production de sirop d’érable est une tradition autochtone, une tradition québécoise et une tradition canadienne.
Pourtant, cela reste hors de portée des Montréalais qui ne peuvent pas se rendre à la campagne, au-delà des vastes champs qui entourent l’étalement urbain, jusqu’à un érablière du Haut-Saint-Laurent, des Laurentides ou des Cantons-de-l’Est.
Une cabane à sucre urbaine permettrait aux familles qui n’ont pas les moyens de se rendre à la campagne de découvrir de près la production de sirop d’érable, de prendre part à cette tradition locale et de l’apprécier, mais aussi tout simplement de savourer une petite douceur sucrée. Ce projet serait durable (puisqu’il nécessiterait beaucoup moins de déplacements), inclusif et pourrait constituer une source de revenus permettant d’entretenir le boisé d’érables et les infrastructures nécessaires.
Je vis actuellement à Franklin, au Québec (Haut-Saint-Laurent), et les cabanes à sucre ne manquent pas ici ! Au printemps, l'odeur de la sève qui bout flotte dans l'air ! On dirait que tout le monde y participe d'une manière ou d'une autre : qu'il s'agisse de percer six arbres pour le plaisir ou des milliers d'arbres dans le cadre d'une entreprise familiale, personne ne reste indifférent.
« Le temps des sucres » est une période très animée. Certains font bouillir le sirop jusque tard dans la nuit, échangeant des anecdotes tout en jetant des bûches d’épicéa et de pin dans l’évaporateur. La vapeur virevolte dans l’air, tourbillonnant avant de s’échapper par les ouvertures situées au-dessus. Puis, presque d’un coup, lorsque les grenouilles se mettent à chanter, que les merles commencent à chercher leur nourriture et que les bourgeons teintent les branches d’une teinte rougeâtre, tout cela prend fin, car le printemps est arrivé.
Il y a quelques années, alors que je me tenais devant mon évaporateur de fortune, en train de faire bouillir la sève que j'avais récoltée, je me suis demandé s'il serait possible de partager cette expérience avec mes collègues et mes élèves à Dawson.
Cette année, j’ai décidé que le moment était venu ! Je me suis renseigné et il s’est avéré que Ben Lander avait déjà prélevé de la sève sur les arbres du campus par le passé ! Comme cette possibilité s’offrait à moi, j’ai acheté un petit bac d’évaporation chez CDL (un magasin spécialisé dans les fournitures pour la production de sirop) grâce au généreux soutien de la Fondation Dawson. J’ai rassemblé quelques seaux et des entailles que nous avions à la maison, et nous sommes partis !
Avec la participation d'élèves inscrits au cours de projet individualisé en géologie (équipe de recherche Dawson Aqua), au cours « Anthropocène-Apocalypse » en géologie, ainsi que d'élèves qui souhaitaient simplement prendre part à cette expérience, nous avons entaillé sept érables de Dawson, récolté la sève et fabriqué du sirop !
Les élèves participants ont pu repartir avec un petit pot, le reste du sirop ayant été mis de côté pour une dégustation à venir ! Pour que tous les participants puissent goûter au sirop, j’avais également apporté de la sève de Franklin, que j’ai mélangée à celle des arbres de Dawson. Nous devons encore nous améliorer sur la finition (certains sirops auraient pu mijoter un peu plus longtemps), mais dans l’ensemble, ce fut un moment très agréable !
Même si on est encore loin de la cabane à sucre urbaine que j’avais imaginée il y a des années, c’est déjà un bon début ! Je remercie tous les élèves et collègues (notamment Ben, Gianna, Kate, Luc, Bryan, Gillian, Mitchell et l’équipe de sécurité de Dawson) qui ont rendu cela possible ! Merci encore à la Fondation Dawson pour son généreux soutien. Enfin, merci à La Ferme Aux Mille Cailloux pour le surplus de sève ! Il est temps de retirer les seaux maintenant, mais nous attendons déjà la saison prochaine avec impatience !
-Soumis par Adamo Petosa
