Photo : Nathan dans le rôle de Marius dans *Les Misérables*. Crédit photo : Sophia Chen. 
Photo : Nathan dans le rôle de Marius dans *Les Misérables*. Crédit photo : Sophia Chen. 

Un diplômé de Dawson a partagé la vedette dans les 51 représentations de la comédie musicale Les Misérables cet été

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Nathan Bois-McDonald, diplômé en 2023 du programme Interprétation théâtrale au Collège Dawson, a incarné Marius Pontmercy dans les 51 représentations de la comédie musicale des Misérables, à l’affiche cet été à Montréal et à Québec. Devant l’engouement suscité par le spectacle, la production a même ajouté 18 représentations supplémentaires.

Nathan décrit Marius comme « un jeune rebelle romantique », dont l’évolution dramatique est marquée par l’idéalisme, le deuil et la résilience. « Il se rend à la barricade, et tous les complices qui se tenaient à ses côtés sont tués, illustre-t-il. Malgré un certain sentiment de culpabilité, il décide d’aller de l’avant et de vivre pleinement. Il épouse par la suite la fille de Jean Valjean. En tant que comédien, cette évolution est particulièrement satisfaisante à interpréter. »

Le parcours de Nathan vers la scène n’a pas été sans détours. Après une année d’études en Sciences de la santé, durant laquelle il s’est « très bien débrouillé », il s’est rendu compte que la détermination n’y était pas. La pandémie et le passage à l’enseignement en ligne furent également des facteurs décisifs. « Mes formidables parents m’ont suggéré de faire quelque chose qui me tient à cœur, explique-t-il. Ayant assisté à quelques pièces de théâtre du Collège, j’ai décidé de faire un virage à 180 degrés et de m’inscrire en Interprétation théâtrale. »

Nathan Bois-McDonald. Photo de Jeremy Cabrera

La première année s’est essentiellement déroulée en ligne lors de la pandémie, mais le retour en personne en 2021-2022 a renforcé son désir de devenir comédien. Dans ce programme intensif, Nathan a trouvé une véritable communauté en dehors de la scène. Son implication au sein du Dawson Green Earth Club, où il a contribué à mettre en place un projet de récupération et de recyclage de masques médicaux usagés, est l’un de ses souvenirs préférés de son passage à Dawson. Durant la première année seulement, l’initiative a permis le recyclage de 40 000 masques.

« J’ai particulièrement aimé le sentiment de faire partie de la grande communauté de Dawson », dit-il, en ajoutant que son implication dans le club venait compléter la dynamique très soudée de son programme.

L’intensité du programme, conjuguée à sa concentration professionnelle, lui a permis de percer dans le milieu après ses études. « Le programme est fortement axé sur le perfectionnement professionnel, précise-t-il. On nous enseigne à gérer notre carrière et nos revenus, à trouver une agence d’artistes et à bâtir notre CV. Mes enseignantes et enseignants m’ont doté de bases solides. »

Nathan, à Dawson, avec un sac de masques à usage unique destinés au centre de recyclage.

Après l’obtention de son diplôme, Nathan a intégré la distribution de la pièce Cymbeline (2023) de la tournée Shakespeare-in-the-Park du Théâtre Répercussion, puis a effectué de la voix hors champ et du doublage en anglais et en français, tout en passant des auditions. « Pour moi, ce n’était pas le métier de comédien ou rien. Je n’ai jamais imaginé gagner ma vie en tant qu’artiste. Puis est venu un chèque de paie substantiel, et je me suis dit que c’était possible. »

Nathan attribue son succès à la philosophie d’enseignement prônée à Dawson, qui allie discipline et soutien. « C’est l’éthique de travail nécessaire pour réussir en Interprétation théâtrale à Dawson qui m’a motivé. Beaucoup de personnes abandonnent parce que c’est très exigeant. Il faut se présenter à tous les cours et être très déterminé à réussir. La clé, c’est la constance, l’implication, la ponctualité, le courage et l’audace. »

Il mentionne également les ressources offertes par le Collège à la population étudiante parlant plusieurs langues. « Beaucoup de mes collègues en Interprétation théâtrale sont allophones. Dawson offre un éventail de ressources pour améliorer sa maîtrise de l’anglais. En théâtre, il est impératif de parler parfaitement la langue d’interprétation. » Pour Nathan, cette maîtrise s’acquiert en s’imprégnant du texte : « Il est tout aussi important de bien comprendre la langue. Si vous ne comprenez pas un mot, cherchez-le dans le dictionnaire, essayez d’en saisir le sens, travaillez-le et discutez-en avec vos collègues. »

En plus du perfectionnement des techniques de scène, il souligne l’influence plus large du programme. « Il s’adresse aux personnes qui aspirent à devenir comédiennes, qui veulent renforcer leur confiance et développer leurs aptitudes sociales, mais également à celles qui souhaitent approfondir leur compréhension d’elles-mêmes, tant sur le plan émotionnel que physique, et de leur entourage. »

Il souligne en outre la qualité du mentorat reçu : « Les enseignantes et enseignants sont bourrés de talent. Lorsque je leur demandais conseil, ils faisaient tous preuve de générosité en me consacrant du temps et en partageant leur expertise. Ils veulent entretenir la passion de leurs étudiantes et étudiants. Ce programme est enrichissant sur tous les plans, bien au-delà des compétences nécessaires pour réussir dans le métier. »

Nathan en costume lors de sa dernière production à Dawson. Il y incarnait le personnage de Titorelli, le peintre, dans « Le Procès » de Kafka.

Un conseil de ses parents le guide encore aujourd’hui : « Fais ce dont tu as envie et fais-le exceptionnellement bien. » Ce à quoi il ajoute : « Ma mère voulait être médecin, même si elle a rencontré certaines embûches. Mais si vous voulez vraiment quelque chose, il faut tout faire pour l’obtenir. Trouvez quelque chose qui ne vous donne pas l’impression de travailler, qui vous donne envie de vous lever le matin. »

Après la dernière représentation des Misérables le 22 août, Nathan prévoit de se reposer. Par la suite, il se consacrera à des projets en jeu vidéo, fera davantage de doublage et participera à des auditions pour la télévision et le cinéma. « Je compte bien m’investir à fond dans ce que je fais, travailler dur et y prendre plaisir », dit-il.

Il résume sa vision des choses avec une citation de Denzel Washington qui le touche particulièrement : « La chance, c’est quand une occasion se présente et que l’on est prêt à la saisir. »



Dernière modification : 18 août 2026